Nous sommes dans les années 1990 à Géhenne, un village situé dans la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste de Mouammar Kadhafi. C’est l’époque du « pouvoir aux mains du peuple » et des comités populaires, chargés de gérer tous les aspects de l’existence quotidienne sous la direction d’un citoyen désigné par ses pairs.
À Géhenne, deux candidats se disputent le siège de secrétaire du comité, Jamal le vendeur d’alcool et le Colonel Boudabbara. Leurs clans s’affrontent ouvertement et divisent le village.
Le pays est sous embargo et le thé, boisson nationale indispensable, fait l’objet de nombreuses convoitises. Le vieux Hadj Emhammed, sous l’emprise de sa terrible addiction, peine à prendre un parti.
Une querelle ubuesque, contée par un narrateur qui prend un malin plaisir à se jouer de nous, lecteurs, dans cette fable moderne à la forme audacieuse.
Journaliste et écrivain, Mohammed Alnaas naît en 1991 à Tajoura, en Libye. À l’aube de ses trente ans, il signe un premier roman magistral, Du pain sur la table de l’oncle Milad (Le bruit du monde, 2024), qui remporte le Prix international de la fiction arabe 2022 et deux ans plus tard termine finaliste du Prix de la littérature arabe. Un goût de thé amer est son deuxième roman.